Jour J : Partir...

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Dimanche 24 juillet

Prendre sa liberté et larguer les amarres est probablement le choix le plus difficile à faire au départ de la course

Il est 8h00 temps universel (10h00 locale) quand je signe ma déclaration de départ au centre de coordination de la course.  Je vais participer à cette aventure « à mes risques et périls et sous ma responsabilité à tous les effets (…) et, il m’appartiendra de juger (…) de l’opportunité de prendre, ou de ne pas prendre, le départ de l’épreuve, de l’arrêter, ou de la continuer (…) ».

ExtaSea (721) en avant plan au port des Sables d'Olonne, prêt à prendre le départ

Je remets également à l’organisation mon téléphone portable avec lequel je viens de passer mon dernier coup de fil.  Je ne le reverrai pas avant une bonne dizaine de jours, si tout va bien.  Interdit en course, mon téléphone rejoindra Horta, dans l’archipel des Açores, en avion dans les valises de l’organisation.  Moi je rejoindrai Horta, à 2.500km d’ici, seul sur ma coquille de 6m50.

Dénudé de moyen de communication, je marche sur le ponton Vendée Globe, qui accueille habituellement les bateaux des skippers qui font le tour du monde en solitaire tels que Loïc Peyron ou Ellen Mc Arthur.   Je bouscule la foule admirative pour rejoindre ExtaSea, mon bateau.

 Les 22 Mini 6.50 amarrés au ponton "Vendée Globe" avant le départ imminent

Les 22 Mini 6.50 amarrés au ponton "Vendée Globe" avant le départ imminent

Je n’ai pas beaucoup dormi hier soir. On a travaillé tard sur un road book avec l’entraîneur et on a commenté les derniers fichiers météo.  On annonce beaucoup de vent au cap Finisterre.  Et ça a été confirmé lors du briefing météo de ce matin…  Mais j’essaye de ne pas y penser et je vérifie que j’ai bien mon road book avec moi (dans l’agitation du départ il m’est arrivé de l’oublier à terre).

Quand j’entends l’organisateur annoncer mon nom au micro, il est l’heure de larguer les amarres.  J’embrasse mes parents ainsi que d’autres coureurs, amis et membres de l’organisation qui sont venus me saluer.  En longeant les remparts du port, tracté par un zodiac, je suis surpris et touché par les applaudissements d’une foule d’inconnus postés tout le long du quai.  Ils m’encouragent et crient mon nom, affiché sur les flans de ma coque.

Arrivé en mer, je largue mon dernier lien tangible avec la terre, l’amarre du zodiac, pour me diriger vers la zone de départ à la voile, désormais mon seul moyen de propulsion (je n’ai pas de moteur à bord).  Mes gestes sont automatiques je ne réalise pas très bien ce que je suis en train de faire. 

Dernier au revoir avant de gagner le large

Le départ est donné.  Il est 13h02 temps universel (15h02 locale).Un dernier au revoir vers ma famille, embarquées sur un bateau accompagnateur et c’est parti.  Ne plus regarder en arrière.  Foncer droit devant, le large m’attend...

J'ai longuement hésité avant de publier cette vidéo, prise quelques heures à peine après le départ.  L'anxiété est palpable. Je m'apprête à passer 10 jours seul sur l'Atlantique sans savoir ce qui m'attends.  Finalement, j'ai souhaité partager ce moment difficile car il fait partie du périple...

“La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir”
— Paulo Coelho
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