J+8 : S’extasier sous un ciel étoilé

J+8 : S’extasier sous un ciel étoilé

Lundi 1er août

La jouissance que procure la contemplation d’un ciel étoilé seul en mer, et l’expérience quasi mystique qui en résulte, me donnera l’énergie d’affronter une météo défavorable

Ce matin, j’ai enfin capté le bulletin météo, émis par l’organisation sur la bande AM (voir plus bas). Alléluia ! Cela faisait plusieurs jours que le signal était inaudible et que je naviguais sans prévision fiable. Le bulletin prévoit du vent fort de secteur sud-ouest, et, pour faire la route directe vers l’archipel, je dois aller… au sud-ouest !  J’ai le vent en plein dans le nez.  Cela ne pouvait pas être pire…  Je suis à un petit 200 miles seulement des Açores mais vent de face, je vais devoir m’éloigner du vent et rallonger ma route. Si j’avais suivi un autre cap ces derniers jours, j’aurais peut-être été mieux placé pour aborder ce vent de secteur sud-ouest.  Mais, à quoi bon penser à ça. Ce qui est fait est fait.  La situation est ce qu’elle est, je ne peux rien y changer. Il ne me reste plus qu’à me battre pour tirer mon épingle du jeu.

Voyons les choses du bon côté, même si il n’est pas bien orienté, au moins maintenant il y a du vent. Pas comme cette nuit où le vent n’a pas arrêté de tourner avec des rotations jusqu’à 180°. Une sale bruine m’est passée dessus. J’ai dû manœuvrer sans relâche, virer de bord, rééquilibrer le bateau, bref, une nuit très compliqué je n’ai pas fermé l’œil.

Maintenant il fait superbe. Le ciel est bleu azur, et les rayons de soleil se perdent dans l’eau cristalline. Je dois mettre ma dose quotidienne d’écran total. Toujours autant d’oiseaux qui m’accompagnent et qui plongent pour pêcher, c’est magnifique. 

On est le 1er août, c’est la fête nationale Suisse aujourd’hui.  J’ai une petite pensée pour mes amis suisses ; Valentin et Yann.  Je ne connais pas le classement mais j’imagine qu’ils sont déjà arrivés.  J’espère qu’ils en profitent !

Il est minuit. Impatient, je scrute l’horizon dans l’espoir d’apercevoir la terre.  Mais une pellicule de nuage me bouche la vue. Je navigue presque face au vent.  Je dois anticiper à la barre, le bateau qui se cabre à chaque vague invisible.  Je fais un bord qui m’éloigne de ma destination mais je n’ai pas d’autre choix.  Je sais pourtant que j’approche du but.  C’est probablement ma dernière nuit avant de voir la terre à l’horizon…

Je viens de faire le point et préparer ma navigation. En sortant préparer le bateau pour passer la nuit, je m’assieds un moment dehors et lève la tête, et là, je suis sublimé par un ciel étoilé. Aucun nuage. C’est splendide, on voit très nettement la voie lactée et je reconnais un tas de constellations, le Cygne, Cassiopée, Orion, La Petite et La Grande Ourse, et ma préférée le Scorpion.  D’un seul coup, j’ai l’impression d’être transporté dans l’espace.  Je me sens tellement petit face à cette immensité de l’univers.  Pour m’aider à voler, j’ai mis un morceau de Sigur Ross (musique minimaliste). C’est à couper le souffle.  C’est la première fois que je profite tellement de ce dôme d’étoiles et de constellations.  J’ai éteint mon feu de tête de mât pour supprimer absolument toute pollution lumineuse.  Sans lune, je suis dans le noir complet. C’est fascinant. J’ai vraiment l’impression d’être isolé du monde.  Une impression d’infini, de vertige et de liberté totale. Je vole, sans fumer sans alcool. ExtaSea m’emmène dans un autre monde. Merci. C’est tellement magique. J’en ai les yeux qui piquent…

Prenez vos décisions en fonction d’où vous allez, pas en fonction d’où vous êtes.
— James Arthur Ray
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