J+1 : Premier jour de course et premiers ennuis

J+1 : Premier jour de course et premiers ennuis

Lundi 25 juillet


A peine 24h après le départ je dois déjà faire face à plusieurs incidents

C’est mal parti. Hier, jour du départ, j’ai fissuré mon safran (partie du gouvernail).  J’étais sous spi max (grande voile d’avant, en forme de ballon, de près de 80m2), avec un vent soufflant à 19nds.  Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé.  J’avais pourtant fait renforcer cette pièce avant la course.  Depuis elle grince terriblement et menace de casser à tout instant. Je suis très inquiet à l’idée de devoir faire toute la course comme ça.  Si le safran casse maintenant, à plus de 1.200 milles nautiques de l’arrivée, impossible de terminer la course

A cela s’ajoute quelques bricoles : j’ai perdu ma perche auto-largable IOR, qui permet de marquer la position d’un homme à la mer, et mon couteau de survie, que j’utilise pour sectionner un cordage en urgence sur le pont.  J’ai du faire une fausse manœuvre et, dans le feu de l’action, le tout a du passer par dessus bord sans que je m’en rende compte.

Tous ces évènements ont fait que j’ai vite perdu le contact avec les autres coureurs… Je suis seul.  Personne à l’horizon et je réalise que ce sera souvent, si pas tout le temps, le cas.  Me voilà vite confronté à la réalité du coureur en solitaire.

Pendant la durée de la course le centre de coordination émet quotidiennement une vacation à la radio, avec un bulletin météo et un classement. Mais ce matin, à 10h03 temps universel, heure de diffusion du bulletin sur la bande AM, pas de réception du signal radio…  Je vais devoir attendre 24h pour la diffusion de la prochaine vacation.  C’est ennuyant mais pas catastrophique ; j’ai encore les prévisions prises avant le départ et, concernant mon classement, je suis certainement bon dernier.  Inutile d’en savoir plus pour le moment.

J’ai mal à la tête. J’ai mal dormi. Il fait gris. Pas de soleil. C’est vraiment une journée bizarre. 

Je fais route vers le cap Finisterre où, d’après le briefing d’avant course, du vent fort m’attend.  En route vers la gueule du loup… Je ne sais pas à quelle sauce on va être mangés. Actuellement un vent portant de 15nds nous pousse vers la Péninsule Ibérique et le dispositif de séparation de trafic (DST), une zone imaginaire interdite pour les coureurs et destiné à organiser une zone de trafic commercial intense.

J ai une boule dans le ventre. Le fait d’avoir vu mes proches avant de partir a peut-être rendu le départ encore plus difficile.  En partant on pense à ceux qu’on a laissés à terre, ceux qu’on aime et qu’on a aimé… Je vais devoir supporter ce manque pendant les prochains jours.

Il faut que je dorme, je dois retrouver mes esprits...

Prévisions météo fournies aux coureurs avant le départ (source : Great Circle)

J+2 : Reprendre le dessus dans des conditions difficiles

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Jour J : Partir...

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