Aymeric Belloir (FRA)

Aymeric Belloir (FRA)

Pourquoi faire la Mini-Transat ?

Depuis mes 18 j’avais envie de faire cette course mythique.  Finalement, je mettrai près de 15 ans avant de traverser l’Atlantique.  Je faisais ma formation à Concarneau et voir les Mini 6.50 défiler m’a donné envie de faire de la course en solitaire.  Avant de me lancer en Mini, j’avais fait beaucoup de courses au large et de régates en équipage  (Spi Ouest France, Les Glénans…). J’avais également fait du Figaro (Championnat de France Elite de Course au Large en Solitaire).  Finalement, naviguer en solitaire m’a beaucoup appris sur la course au large et sur moi-même.

Quels ont été tes moins bons moments en Mini ?

Lors de la Mini-Transat de 2013, en raison des mauvaises conditions météo, le départ a été donné à Sada, et non à Gijon, comme prévu initialement.  Il a fallu convoyer le bateau vers ce nouveau port de départ dans des conditions très pénibles.  J’en garde un très mauvais souvenir.

Quels ont été tes meilleurs moments en Mini ?

Il y a évidemment des tas de bons souvenirs.  Partager les moments de surf avec des pros de la glisse, comme Simon Koster, pour n’en citer qu’un, m’a vite fait oublier les moments éprouvants.  Le meilleur souvenir reste naturellement celui de ma victoire en 2013…  Arriver en Guadeloupe avec 2 jours d’avance sur le second, c’était inespéré.  Gagner, c’était pour moi la réalisation de 3 ans de préparation.

Si c’était à refaire, que changerais tu ?

Avec plus de sous ?! (Rires) Peut-être que je ferais du prototype pour pouvoir naviguer avec des foils ou, je choisirais un bateau avec un « gros nez » comme le Pogo 3, par exemple. Mais, pour repartir dans un projet il faut aussi l’adhésion des autres.  Je ne suis pas seul et il faut apprendre à tenir compte de son cercle familial.  Il faut aussi trouver l’énergie autour de soi.  Rassembler les proches, car on va avoir besoin d’eux dans les moments difficiles. Au départ de la transat en Espagne, par exemple, j’avais une tendinite.  Ma main s’est mise à gonfler de manière inquiétante.  J’ai hésité à prendre le départ et abandonner. J’en ai parlé à ma femme, mes amis, ma mère…  Dans ces moments-là l’entourage est un soutien précieux.  Finalement, un médecin à la Corogne m’a donné un traitement et, avec l’aide de ma famille, j’ai retrouvé confiance et j’ai décidé de partir.

Que conseilles-tu à ceux qui veulent se lancer dans une Mini-Transat ?

Je ne sais pas si on peut donner des conseils.  Il faut chercher l’éclairage de sa propre existence.  Un projet appartient à l’histoire de chacun.  Ton contexte conditionne la façon dont tu dois gérer ton projet.

Quel intérêt pour un partenaire ?

C’est un projet qui permet de créer une histoire qui véhicule d’autres valeurs et qui permet de fédérer.  Cela permet à une entreprise d’utiliser le coureur pour véhiculer les valeurs  de l’entreprise.

Ton objectif ambitieux ?

Faire du multi 50 ou participer à une route du Rhum sur un multicoque.

 

Propos recueillis à Hennebon le 31 mai 2017

 Aymeric Belloir à bord de son Nacira 6.50

Aymeric Belloir à bord de son Nacira 6.50

Jonas Gerckens (BEL)

Jonas Gerckens (BEL)

Justine Mettraux (SUI)

Justine Mettraux (SUI)

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