Ian Lipinski (FRA)

Ian Lipinski (FRA)

Pourquoi faire la Mini-Transat ?

(Lorient, 22 mars 2017) Que faire d’autre (rires) ?! Parce que je voulais faire de la course au large et continuer à progresser après mon passage au Glénans.  J’avais envie d’aller sur des bateaux qui allaient vite.  La Mini-Transat c’est assez accessible finalement, quand tu t’investis à fond.  C’est allier plaisir du large, de la pleine mer, avec des bateaux incroyables.  Et puis il y a le côté solitaire.  Apprendre à maîtriser la machine seul, la maîtriser dans sa globalité, c’est très sérieux et passionnant. Je fais du Mini depuis 6 ans et suis toujours sur une courbe d’apprentissage.  C’est grisant de progresser constamment et d’essayer d’arriver à la perfection.

Selon toi, quelles sont les compétences requises pour faire la Mini-Transat ?

Je ne crois pas qu’il y ait de compétence spécifique. Le domaine de connaissance est tellement immense qu’il est très difficile de tout maîtriser.  Chacun a son profil : du novice qui à la niaque à ceux issus de l’olympisme en passant par les plaisanciers.  Chacun doit essayer de combler ses lacunes et essayer d’être le plus complet possible.

(Photo Christophe Breschi)

(Photo Christophe Breschi)

Lors de ta dernière Mini-Transat, quels ont été les moins bons moments ?

Quand je naviguais au près (vent de face) et que j’avais froid.  Quand j’étais en dessous de mes performances et du résultat que je voulais faire : j’avais alors l’impression d’avoir raté ma vie.  Tu te demandes ce que tu fais là, alors que tu pourrais être en famille et tu doutes du sens de ce que tu es en train de faire.  Ce projet demande tellement de sacrifices… Mais ces moments sont oubliés dans la demie heure où je mets le pied à terre.

Tu ne parles pas de ton chavirage ? Que s’est il passé ?

Je l’oublie presque tellement c’était exceptionnel.  Dans un surf mon bateau s’est couché et a fait un tonneau.  Il s’est rempli d’eau et le mât s’est cassé.  J’étais dégouté que la course s’arrête.  Ensuite, j’ai été récupéré par un cargo et à ce moment là j’ai eu très peur car la manœuvre était délicate.  Dans les moments difficiles on se sent seul, mais il faut alors se rappeler que l’on est pas seul.  Ma femme, ma famille et mes amis étaient avec moi.

Si c’était à refaire, qu’est ce que tu changerais ? 

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Je referais la même chose.

Quels ont été tes meilleurs moments ?

Il y eu pleins d’expériences magiques sur la Mini.   Je me souviens notamment de purs moments glisses sans ciré en T-shirt, ou de nuits étoilées uniques.  Mais il y a aussi des instants de bonheur dans la douleur, quand on se tire de situations difficiles.  Quand je suis parvenu à rentrer de Açores sans énergie à bord tout en restant compétitif.  Privé de pilote automatique, j’ai barré pendant 6 jours en dormant 1 heure toutes les 24 heures.  Quelle satisfaction d’arriver au bout…

Que conseilles-tu à ceux qui veulent se lancer dans une Mini-Transat ?

De passer beaucoup de temps à naviguer, de ne pas se perdre dans les détails, de savoir mettre ses priorités.  Souvent le temps et les moyens finissent par manquer et il faut accepter de ne pas tout faire à la perfection.  Il faut gérer ses priorités.  Il faut avoir un bateau fiable, naviguer et faire les erreurs avant la Mini-Transat

Quel est l’intérêt pour un partenaire de soutenir un projet Mini ?

Le plaisir d’accompagner quelqu’un dans une aventure.  Grâce à lui (griffon.fr) un rêve se réalise.  Pour une marque c’est gratifiant et c’est communicatif.

Quel est ton objectif ambitieux ?

C’est peut-être ma dernière saison en Mini, alors j’ai envie battre tout le monde (rires).

Depuis 2012, Ian Lipinski a accumulé de nombreux podiums tant en série qu'en proto. Il a participé à deux Mini-Transats en 2013 et en 2015.  Il abandonne en 2013 pour cause de chavirage (voir plus haut) et termine 1er de l’édition suivante en  2015.  Ian sera au départ de la prochaine édition de la Mini-Transat en 2017.

Propos recueillis à Lorient le 22 avril 2017.

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Tanguy Le Turquais (FRA)

Tanguy Le Turquais (FRA)

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