Jonas Gerckens (BEL)

Jonas Gerckens (BEL)

Pourquoi faire la Mini-Transat ?

C’était un rêve de gosse. J’habitais à Saint-Malo quand j’ai vu mes premiers départs de grandes courses, comme la Route du Rhum.  Adolescent, j’ai aussi été inspiré par la V’limeuse, l’histoire d’une famille canadienne qui fait le tour du monde et dont l’un des enfants finit par faire la Mini-Transat.  Mais avant de se lancer, il a fallu le temps d’apprendre à naviguer mais aussi à monter un dossier solide.  Mon parcours sport-étude en judo m’a bien servi à cela.

Quels ont été tes moins bons moments en Mini ?

Passer près de 20 jours seul en mer est une difficulté en soi.  Rarement on est confronté à ce genre de situations. Le changement de classement est souvent difficile à gérer, surtout quand tu passes du premier au dernier. En 2013, mon pilote a cessé de fonctionner, alors que je faisais une bonne course. J’étais vraiment au fond du trou.  Puis soudain, il a redémarré.  Les émotions font des grands écarts.  

Quels ont été tes meilleurs moments ?

Toujours en 2013 lors de la Mini-Transat, au large de la Mauritanie j’empanne pour chercher les alizés profonds lorsqu’un énorme banc de dauphins a fait surface.  Comme s’ils compatissaient avec les épreuves que j’avais traversées, ils se mirent à danser autour du bateau en suivant ma trace. Comme pour me dire « Vas-y fonce, c’est par là… ». Ce moment de communion avec la nature était très émouvant. J’étais particulièrement fier d’avoir terminé cette course, qui était une édition très éprouvante mentalement et physiquement, notamment à cause des conditions météo difficiles et des vents défavorables (ndr : seul 51 bateaux ont terminé la course sur les 84 participants). Gagner la course les Sables – Les Açores – Les Sables en 2014 a également été une grande satisfaction. C’est un format de course (plus court et en aller-retour) qui me réussit bien.

Selon toi, quelles sont les compétences requises pour faire la Mini-Transat ?

Il faut avoir un mental d’acier et savoir persévérer dans toutes les situations.  Le mental c’est le plus difficile à gérer, surtout sans contact avec la terre et parfois sans contact avec les autres concurrents. Ensuite, il faut pouvoir gérer tous les paramètres de la course au large comme l’avitaillement ou le matériel.

Si c’était à refaire, que changerais- tu ?

J’ai toujours envie de m’améliorer. Si je devais refaire une Transat, ce serait dans la catégorie prototype et avec un bateau bien préparé. En 2015, alors que je souffrais d’une blessure au coude, j’occupais la 5ième place et c’est finalement un souci technique qui m’a poussé à l’abandon. Avoir un bateau fiable c’est très important.

Que conseilles-tu à ceux qui veulent se lancer dans une Mini-Transat ?

Y aller ! (rires).  C’est une épreuve difficile mais il y a tellement de grands moments.  Une carrière de marin pourrait s’arrêter après la Mini-Transat. Michel Desjoyeaux disait que c’est la course la plus difficile, elle se court en solitaire sur un petit voilier.  Et puis la classe rassemble une concentration de gens intéressant et de tous les âges.

Quel est ton prochain objectif?

J’aimerais participer à la Route du Rhum.  Ensuite on verra, le Vendée Globe ou les JO. Deux projets plus largement médiatisé en Belgique. J’aime la citation d’Oscar Wilde qui dit qu’il faut viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles…

Le Belge, Jonas Gerckens a pris le départ de trois Mini-Transat (2007, 2013 et 2015) et terminera l’édition 2013.  Il a fait toutes les places du podium du Championnat de France de Cours au Large avec une première place en 2012, ainsi que celles de la course Les Sables – Les Açores – Les Sables qu’il gagne en 2014.  Il navigue en Mini650 depuis plus de 10 ans totalisant plus de 30.000 milles, il fait partie des plus expérimentés du circuit Mini.  Jonas a récemment remporté la Rolex Fastnet Race en équipage et navigue actuellement sur un catamaran flying phantom.

Aymeric Belloir (FRA)

Aymeric Belloir (FRA)

0